mardi 22 septembre 2015

Himalayisme et DAB

Alors que les népalais fêtent leur constitution (cela fait depuis 1949 qu'ils attendent cela... au moins), les himalayistes dont Patrick se demandent si le gouvernement népalais ne les prend pas pour des pigeons.

Infographic: Ayesha Shakya

Depuis l'avalanche du 18 avril 2014, puis celle du 25 avril 2015, de nombreuses annulations d'expéditions ont eu lieu. En 2014, le gouvernement a interdit toute ascension suite à la décision des Sherpas de refuser de retourner sur la montagne. En 2015, tout le monde est rentré chez soi constater les dégâts puisque le Khumbu n'était pas le seul lieu touché.

Les expéditions ont donc été annulées mais d'argent restitué aux clients étrangers, nada, zéro, niente. Par exemple, pas de remboursement des 4000 dollars par personne d'oxygène non utilisé ; pas de remboursement de la nourriture non achetée et non acheminée ; pas de remboursement non plus des porteurs d'altitude non employés et non payés (auraient-ils été payés, ils auraient peut être accepté...).

En 2014, ce sont 40 à 45 000 dollars qui ont été demandés aux clients. En 2015, c'est monté à 45 - 55 000 dollars (augmentation actée dès mai 2014). Et tous les clients ne sont pas riches. Certains cumulent les emplois, vendent leurs biens... pour s'offrir ce rêve (qu'on le partage ou non). Pareil pour cet automne, les prix ont encore augmenté. Patrick l'a constaté lui-même sur le Dhaulagiri. 3000$ pour un officier de liaison qui ne monte même pas au camp de base !

La raison invoquée par certaines agences : les frais de logistique sont plus importants. Ce qui est certain c'es qu'il y a une inflation importante de l'ordre de 10% par an pour les népalais et bien plus élevée pour les étrangers. A moins de consommer du Dal Bhat à tous les repas, le coût de la vie à l'occidentale, devient aussi élevé qu'en France (mais on n'a pas besoin de chauffage).

Dans le Khumbu, il faut compter maintenant un budget de 30 à 35 $ par jour et par personne contre 10 à 20 $ du côté de l'Annapurna (et encore, pas partout en Annapurna). Donc, peu à peu, les touristes et les grimpeurs ont le sentiment de ressembler à des porte-monnaies géants en déplacement.





On est bien à plaindre ma pov' dame. En plus, cela a tremblé tout à l'heure : 4.5 à Dhading à 12:17. Les tensions se relachent.

C'est aussi l'anniversaire de Benoît, notre grand, aujourd'hui et il nous manque. Mais comme il bosse, on ne peut pas râler :-)







lundi 21 septembre 2015

Camps de base, volontaires et Népal Airlines



Dhaulagiri news


Patrick a téléphoné hier. Yannick et lui ont eu deux jours de pluie (les après-midi car les matins il fait beau) et 8 des 12 porteurs, éreintés et trempés comme des soupes, ont jeté l’éponge et sont redescendus. Alors, ça, c'est la version que nous avons eu quand Patrick a appelé. Sur le site de Yannick, c'est devenu qu'ils n'avaient plus besoin des porteurs et qu'ils sont redescendus. Bof, seul compte le résultat final non ? Ils sont à 4 avec Phonindra comme chef des porteurs, le sirdhar.

[et voilà un élément tout neuf, GST vient de m'informer que Patrick et Yannick avaient pris des porteurs avec leurs assurances jusqu'au camp de base à 4400 m et qu'au-dessus de cette altitude, les porteurs ne sont plus assurés. Alors leur contrat rempli, les 8 porteurs sont légitimement redescendus. Quel suspense !]
Le trek d'approche, dans une vallée bien encaissée

Ils sont à 4400 m, toutes leurs affaires sont moites mais ils ont le moral. Cela a été difficile de monter jusque-là. Pour ceux qui ont accès à Google Earth, je vous ai déposé le fichier ici (avec les coordonnées GPS).

C'est bien raide pour accéder là, pas l'idéal pour une maison secondaire.
Avec Yannick ils ont repéré un joli camp de base avancé, magnifique, à 5100 mètres à côté de petits lacs. J’essaierai de faire une image google earth, c’est un endroit que nous avions repéré avec Yannick avant, sur le logiciel.


c'est-y-pas croquignolet ?

En revanche l’accès est raide et exposé. Ils vont essayer d’installer des cordes fixes pour les porteurs restant et allégeront leur charge. Pas de crampons car il n’y a pas de neige (ouh la question belute que j’ai posée là ).

Un petit jeu : sauras-tu trouver le Dhaulagiri sur la carte ci-dessous ?

Des volontaires pour Kadam

 Dibas et son oncle ont créé une ONG pour aider le village de Borlang et les villages alentours. Et ils ont accepté de recevoir des volontaires. Il est venu vendredi soir avec son oncle pour travailler un peu les détails. Voilà ce que les volontaires vont faire. C'est un test, j'espère que cela va marcher...

Allez, je vous mets un extrait du compte rendu de réunion (oui, je fais des compte-rendus de réunion)

Compte rendu de réunion avec Dibas et son oncle :

Tout d'abord, ils ont une page Facebook pour leur association Kadam : https://www.facebook.com/Kadam-Nepal-526614894171939/timeline/

Ensuite, compte tenu de Dashain et de Tihar (les gros festivals du coin), la période de volontariat dans son village ira du 23 octobre au 9 novembre.

Au niveau des activités qu'ils vous prévoient (dans le désordre) :

- participer à une formation et mise en pratique de construction de maison résistante aux tremblements de terre

- construction d'un abri-maison pour une veuve et ses deux filles et des deux soeurs handicapées

- visite et exposés dans trois écoles du coin (high school) + partage d'expériences avec des habitants concernés du village sur la permaculture ; les serres bioclimatiques ; le tourisme durable.
- programme Health et sanitation (mais je ne sais pas trop quoi encore)

- une étude sur le potentiel touristique (national ou international) de la zone et sur ce qu'il faudrait faire pour l'exploiter

- un rapport individuel en fin de séjour avec des idées sur ce qu'ils pourraient développer

Vous serez logés et nourris chez l'habitant. Les trois ensemble.

Les pauvres, ils ne vont pas chômer.

Nouveau marché et potins locaux


Hier, les népalais ont ratifié la nouvelle constitution. Voilà, c'est fait après bien des péripéties, ils vont pouvoir passer à autre chose maintenant. De joie, dimanche et lundi ont été décrétés jours fériés. La didi ne va pas venir à mon avis. A moins qu'elle ne veuille vraiment son augmentation annuelle... et oui, on en revient au même débat encore une fois.

Samedi, avec les garçons nous sommes allés au futsal. C'était un peu la foire d'empoigne avec 18 joueurs pour 10 places sur le terrain. Cela a énervé Jo qui a préféré partir avec un très sincère "it's ridiculous" (avec un accent anglais dont je ne me lasse pas...).

Ensuite, nous sommes allés au nouveau marché, celui du restaurant le Sherpa. Plus bobo, tu meurs. Facile, il n'y a que des expats, les prix sont ceux de la France voire un peu plus cher mais c'est très sympa. Avant, ces vendeurs étaient dans un autre lieu mais ils se sont brouillé avec le gérant et ont monté un marché dissident. Katmandou, ton univers impitoyable. Donc les deux marchés rivalisent d'annonces à qui est le plus sympa, le plus bio, le plus authentique... la guerre. J'adôôôôôre.

Nous avons croisé du beau monde : l'ambassadrice et son compagnon, Marie-Agnès et... un copilote français, embauché par la Népal Airlines depuis deux mois pour voler sur des A330 mais toujours au sol et non payé. Son visa n'est pas en règle : Nepal Airlines fait les démarches. 

Il doit voler sur des destinations européennes mais les avions sont en cours d'achat et surtout la compagnie est blacklistée pour voler sur l'Europe. Mais cela va s'arranger. Ah bon ? Il  ne veut pas partir : c'est rare les compagnies qui offrent des postes de copilotes sur A330 comme première expérience.

En attendant, ce sont des pilotes népalais qui font voler les deux avions qu'ils ont déjà reçus (et un espagnol, soyons franche). Ces mêmes népalais qui n'ont pas fini le stage de qualification Airbus car c'était trop difficile. Je ne sais pas vous mais moi, je vais éviter la Népal Airlines pendant quelques temps.


jeudi 17 septembre 2015

Escapade à Pokhara

L'expé Dhaulagiri

Du Dhaulagiri à l'Annapurna 4.

Yannick et Patrick ont pris le chemin du Dhaulagiri lundi matin en prenant le bus pour Pokhara (j'y étais !). Escale resto, Internet, derniers achats avant un départ potron-minet (6:30) pour Beni où ils retrouvaient l'équipe de GST. Pour ce trajet, un magnifique van gris perle où ils paraissaient bien petits dans ce vaste espace.
Pluie torrentielle à Pokhara

Van qu'ils ont dû abandonner car un glissement de terrain les a obligés à un franchissement à pied puis à un trajet en bus local bien moins confortable. Retrouvailles avec l'équipe et tout le monde à bord d'un bus pour Darbang. Nuit à Darbang et en route mauvaise troupe, direction plein nord.

Appel de Patrick dans la journée : ils ont perdu leurs porteurs ! Douze d'un coup ! Appel de nouveau le soir, toujours rien, obligés de dormir chez l'habitant et de quémander un dhal bhat. Pas de nouvelles ce matin... on espère qu'ils les ont retrouvés.

Parmi les dernières tâches, le road book de Yannick qui détaille (sic) leurs étapes
Il leur faudra en principe 6 jours mais ils comptent en mettre 4 pour atteindre le camp de base. Ils ont eu beau temps, couvert mais pas de pluie et très peu de sangsues (ce qui est très injuste !).

Ballade à moto

Pendant que les garçons se coltinaient qui l'école qui un trajet en bus, j'avais loué une moto (Yamaha RX100) chez Hearts and Tears pour aller explorer les environs de Pokhara.

L'occasion d'apprécier la vie encore très rurale dès que l'on quitte les grands axes. A ce propos le lac de Rupa est beaucoup plus sauvage que Benas. Un peu trop même peut être. Aussi, quelle idée de poursuivre sa route sur une piste qui se transforme en sentier ; de franchir des glissements de terrain ; de passer des ruisseaux à gué et de se retrouver bloquer par une rivière en crue ! Et oui, il a fallu faire le chemin à l'envers avec les mêmes ruisseaux, les mêmes glissements de terrain, les mêmes sentiers gadouilleux et glissants... mais à la montée ! Avec des sangsues et des chûtes en plus !

Traversée de rivière avec en arrière plan le Dhaulagiri. Et au premier, des poubelles. Local.
Un peu rouillée la nacelle, non ?
Je suis rentrée rincée ! C'est sûr je n'ai pas croisé un seul touriste mais j'ai bien crû devoir appeler à l'aide ! L'avantage c'est ce que ce sera joli en ... VTT.

RX 100 et panneau signalant... un trek. J'aurai du me méfier.

Le lac de Rupa. Je suis en hauteur, je vais bientôt redescendre et je serai coincée.

Le bout du lac avec la rivière peu franchissable. J'étais de l'autre côté du lac. Oui, on ne voit pas de route. C'est bien le problème :-D

Normalement, sous les nuages, les montagnes.
Pas dégoûtée pour un sou toutefois, j'ai craqué pour une moto. Royal Enfield. La violette là ! Bon, je vais changer la couleur. Elle sera prête fin septembre.
Elle s'appelle Mukti !

Retour en bus

Qu'il a été long le retour en bus hier. Départ à 7:30, arrivée à 17:00 avec un bouchon incompréhensible dans la dernière montée sur KTM. Je connais maintenant les arrêts par coeur ! Là où prendre un capuccino, l'endroit du Dhal Bhat, des chowmein... oui on s'arrête sans cesse. Et quand en plus il y a des bouchons...

De l'avantage de la moto... la seule à passer.


Bloqué de chez bloqué ! Un peu plus à la montée qu'à la descente.

Et un bon anniversaire à Michel W. (s'il a eu la patience de lire jusque là... c'est un test :-) ).





20 septembre, la date de promulgation de la nouvelle constitution

My Republica
507 pour, 25 contre, la nouvelle constitution a été adoptée hier par plus des deux-tiers et elle sera mise en place avec la ratification de la loi le 20 septembre prochain. Les députés du parti Madhes (une minorité du Sud Est du pays) avaient boycotté l'assemblée constituante.

Bravo à eux ! Ils ont réussi au bout de sept ans d'effort à voter les 308 articles (!), les neuf annexes (!) et le préambule.

Bon l'école a prévenu qu'il fallait éviter les déplacements jusqu'à la ratification finale et les bus remontant du Teraï sont encore caillassé. Certains articles ne font pas l'unanimité et je n'ai pas bien compris ce que sont les états retenus. Mais ça y est, c'est fait. Ils vont pouvoir reconstruire maintenant !

dimanche 13 septembre 2015

Le fonds d'écran du prochain mois

Daulaghiri, pilier Sud Ouest

Alors, voilà, c'est ça que Patrick et Yannick envisagent de grimper. Départ demain matin dès potron-minet pour Pokhara en bus touristique. Bonne âme je les accompagne. Et les enfants resteront tout seuls jusqu'à mercredi. Les pauvres.

Nuit à Pokhara puis ils prendront une jeep pour le bout de la route (6 heures plus loin). Et après montée au camp de base... et le train train habituel. Oui, nous sommes d'accord, c'est haut. Mais ils ont pris un litre de pastis : le camp de base est à l'Ouest, ils auront le coucher de soleil et quoi de mieux qu'un pastis pour l'admirer.

Date de retour prévue : vers le 20 octobre.

Bon ben on va suivre tout ça avec attention, n'est ce pas ?

Les SUV

Numéro spécial dans le Nepali Times sur les SUV aussi appelés les faux 4x4. Avec les routes défoncées du coin, la mousson qui les rend gadouilleuses, un SUV, ça peut se comprendre. Mais quand on regarde les prix, le choc.

Le Honda CR-V : 9,5 millions de roupies soit 79 200 euros contre 32 000 en France. Ah, c'est pas loin du double alors ?

Mon préféré, le Range Rover Sport à 36 millions de roupies soit  300 000 euros contre environ 62 500 euros en France (hors options, je l'accorde).

Comment font-ils ?





jeudi 10 septembre 2015

Un texte d'Ivan Coursac

Voilà ce qui circule en ce moment au Népal et qui est fortement partagé. Une bonne analyse. Nous avons bien fait d'aider Dibas directement.

Mais pour mettre une note positive dans ce message déprimant, une croûte française... J'ai refusé de signer, vous comprendrez pourquoi. Pôv' Mathieu Ricard...
héhé... un ermite heureux.


L'état dans lequel se trouve le Népal maintenant est un problème très préoccupant. En dehors de Katmandou, dans les 12 districts les plus touchés, la reconstruction n'a pas encore commencé, en dehors des efforts formidables déployés par de petites organisations de base pour fournir des abris et des écoles temporaires.
La communauté internationale dans son ensemble a peu de foi dans le gouvernement actuel, et les donateurs ont promis 4,4 milliards de dollars sur l'idée qu'une autorité financièrement responsable et transparente serait coordinatrice des projets de reconstruction.
Deux mois après la création pour ce rôle de l'Autorité de Reconstruction Nationale, pas un seul projet n'a été proposé pour un financement, et donc pas un seul dollar parmi ceux disponibles des 4 400 000 000 USD n'a été approuvé pour décaissement par l'un des organismes donneurs ou des gouvernements étrangers.  
En outre, selon la Constitution provisoire, puisque le gouvernement a été incapable d'adopter une loi pour institutionnaliser l'Autorité de Reconstruction Nationale dans les 60 jours suivant sa construction, elle est maintenant officiellement suspendue ! Vérifiez par vous-même ... malheureusement, c'est vrai.
Partout dans le monde, cette situation serait une sujet de gène considérable et de honte nationale, mais pas ici, je suppose. En termes très simples, voilà comment la situation apparaît aux donateurs du monde entier : depuis le séisme, les pays et organisations qui ont essayé d'aider, ont été confrontés à des cauchemars administratifs et douaniers résultant dans le stockage / le vol ou la non distribution d'une partie importante de l'aide d'urgence (quel genre de pays applique des taxes douanières sur l'aide d'urgence qui est un don à sa propre population, je veux dire ... sérieusement ??), un grand nombre de transferts d'argent destinés à des ONG ont été interceptés et engloutis dans le compte de secours du premier ministre, et l'aide logistique pourtant très nécessaire (hélicoptères) a été rejetée. Et maintenant ça !
Donc, après avoir payé pour le droit d'aider les gens népalais et avoir bataillé pour  obtenir l'aide d'urgence là où elle était nécessaire avec seulement des entraves de la part des autorités népalaises (pour pouvoir affirmer avoir le plein contrôle sur la distribution), après avoir fait un énorme effort pour rassembler une importante somme d'argent pour la reconstruction, la communauté internationale des bailleurs de fonds est maintenant confrontée à la situation ridicule de ne pas être en mesure de distribuer ces sommes par absence d'orientations nationales sur où et comment les dépenser ! Je veux dire, le gouvernement voulait le plein contrôle de l'effort de reconstruction, il l'a obtenu par le biais d'une Autorité de Reconstruction Nationale approuvée au niveau international avec le pouvoir de proposer et de mettre en œuvre la reconstruction à grande échelle, et il choisit de ne rien faire jusqu'à ce que l'Autorité soit suspendue légalement ?? ?? 
Plus de 4 mois et demi après le tremblement de terre, des millions de Népalais sont donc livrés à  eux-mêmes et doivent vraiment penser se mettre à l'abri pour l'hiver, eux et leur famille : et bientôt il y aura un appel à dons de couvertures et un appel à idées pour que les abris soient un peu plus "hivernant", parce que la nature temporaire de ces abris va être commutée rapidement en une "solution" permanente et durable. 
Beaucoup de gens ne comprennent pas que cet argent de l'aide internationale ne soit pas sous la forme d'un chèque en blanc ou de liquidités transférés aux banques népalaises : cet argent de la reconstruction est sous forme de promesses seulement. Il est soumis à un grand nombre de conditions, je ne les connais qu'un peu. Mais ce que je sais est ceci : l'engagement de l'UE par exemple, est constitué de la somme d'argent promise par chaque État membre. Certains de ces États sont maintenant aux prises avec une crise humanitaire avec un afflux de migrants en provenance de Syrie, ce qui se combine avec le poids économique de la crise grecque .... vous ne pensez pas que la tentation de réaffecter leur engagement deviendra de plus en plus forte ? Les blâmez-vous ? 
L'autre point à garder à l'esprit est que ces engagements sont budgétisés et donc devraient être dépensés au cours de cette année fiscale, pour de nombreuses grandes agences de donateurs. Par manque d'un projet approuvé par une Autorité Nationale habilitée à dépenser, il est fort probable que certains de ces engagements contourneront les autorités nationales et seront réaffectés par leurs propres canaux de partenaires sur le terrain. 
Donc, le plus probable est que, non seulement le Népal ne bénéficiera probablement pas de la totalité du montant engagé - parce que je ne peux absolument pas imaginer que tout le monde, dans le monde entier, continuera à supporter cette farce beaucoup plus longtemps - , mais le gouvernement pourrait perdre effectivement le contrôle sur la façon dont il est dépensé, où et sur quoi. En outre, il sera encore plus difficile pour les grandes agences humanitaires pour obtenir des financements pour le Népal, et ainsi la situation ridicule actuelle avec l'ARN aura probablement des effets néfastes sur une  longue durée . Une situation perdant-perdant à tous points de vue, vraiment.
Avec ces montants à portée de main, tout est en place pour tourner vilain : regardez la lutte pour qui obtient quoi et pour quels motifs dans les mois à venir, et profitez d'encore plus d'articles xénophobes de la presse contrôlée par l'État au sujet de ces horribles et riches États et organismes étrangers qui promettaient d'aider les pauvres du Népal et à la fin ont pris leur argent .... (Voilà à peu près le niveau d'analyse appropriée pour la plupart des quotidiens). 
Mais attendez .... tout d'abord, le Népal doit obtenir sa constitution et réprimer partout les manifestations qui s'y opposent .... après, la mousson  .... ensuite, Dashain et Tihar .... donc je suppose que rien  ne peut vraiment se passer en termes de reconstruction avant Novembre, non ? Beaucoup de temps pour former beaucoup de comités de haut niveau, puis les suspendre, pour décider qui inclure dans le processus de décision sur les mécanismes de l'action future potentielle ... ou quelque chose dans ce goût-là . Le monde regarde et pleure sur le sort des victimes népalaises. Mais à Katmandou .... encore plus de jeux de pouvoir. Très, très triste.